Kondenswater Bassin

Sur invitation de la Fondation Barkowski, j’ai réalisé un projet dans le désert du Maroc consacré à la récupération de l’eau par condensation. L’objectif était de construire, en collaboration avec des Berbères et des Bédouins vivant sur place, un bassin de condensation ainsi qu’un observatoire en pierre.

 

La préparation a commencé à Marrakech, où j’ai acheté les outils, les bâches en plastique et le matériel nécessaire avec un budget limité. De là, j’ai voyagé sept heures jusqu’à Rissani, puis encore trois heures sur des pistes pour atteindre un lieu isolé dans le désert appelé Barfussam.

Pendant deux mois, j’ai travaillé selon un rythme précis : dix jours dans le désert, suivis d’une semaine à Marrakech pour récupérer. Trois assistants locaux m’ont accompagné en permanence. L’un d’eux, Youssef, vivait dans l’oued voisin avec sa famille et me préparait les repas pendant la période de construction. Nous parlions peu la même langue, mais la collaboration fonctionnait grâce aux gestes, à l’expérience et à une confiance réciproque.

Les conditions climatiques étaient extrêmes : chaleur intense le jour, froid marqué la nuit. Nous avons d’abord creusé deux cavités en forme de grandes coupoles. Le bassin principal a été creusé à près de 1,90 mètre de profondeur, puis enduit de tadelakt – chaux éteinte – afin de le rendre étanche. Entre les deux structures, nous avons aménagé un réservoir étroit destiné à recueillir l’eau produite par condensation nocturne.

Pour démontrer le principe, j’ai d’abord réalisé une petite installation expérimentale : une fosse recouverte d’une bâche plastique. Dès la première nuit, de l’eau s’y est accumulée. Les hommes étaient d’abord sceptiques, pensant que j’avais moi-même versé l’eau, mais après plusieurs jours, le phénomène est devenu évident.

Nous avons ensuite tendu une bâche d’environ douze mètres carrés, que j’avais préparée à Marrakech avec des œillets, au-dessus du bassin principal. Le second bassin a été conçu comme un observatoire en pierre, en forme d’arène à gradins. Toutes les pierres, y compris des plaques de schiste, provenaient directement de l’excavation et ont été retravaillées sur place.

À un moment, j’ai tenté d’utiliser trois ânes pour faciliter le travail. J’ai soudé une sorte de pelle métallique que l’on devait fixer à l’un des animaux. L’expérience a échoué : l’âne a refusé d’avancer et s’est enfui. Pendant plusieurs jours, nous avons entendu au loin le bruit métallique dans le désert avant de le retrouver et de le libérer de cet équipement improvisé.

Vers la fin du chantier, le Ramadan a commencé. Mes collaborateurs consacraient la journée à la prière, et j’ai poursuivi une partie des travaux seul. Un architecte venu de Vienne m’a également rejoint pendant une semaine. Cette période a mis en évidence le savoir-faire ancestral des habitants dans la construction de murs en pierre sèche, un savoir transmis depuis des générations.

Après deux mois, l’installation était achevée. Dans le second bassin, on entendait déjà le léger clapotis de l’eau.

De retour à Vienne, j’ai réalisé un livre photographique accompagné d’un texte en français pour documenter le projet. Cet ouvrage se trouve aujourd’hui au musée de Casablanca de la Fondation Barkowski.

Au-delà de l’aspect constructif, cette expérience fut également marquée par une certaine solitude. Ni dans le désert ni à Marrakech je n’ai rencontré d’autres artistes. Cette solitude est devenue un espace de concentration et de création.

Au cœur du désert est ainsi né un lieu où se rencontrent art, architecture, phénomène naturel et travail collectif.

engl.

A Source in the Desert

At the invitation of the Fondation Barkowski, I realized a project in the desert of Morocco dedicated to harvesting water through condensation. The aim was to construct, together with local Berbers and Bedouins, a condensation basin as well as a stone observatory.

Preparation began in Marrakech, where I purchased tools, plastic sheeting, and materials within a limited budget. From there, I traveled seven hours to Rissani and then another three hours along desert tracks to reach a remote site called Barfussam.

For two months, I worked according to a fixed rhythm: ten days in the desert followed by one week in Marrakech to recover. Three local assistants supported the project continuously. One of them, Youssef, lived in a nearby wadi with his family and prepared meals for me during the construction period. Our verbal communication was limited, but collaboration developed through shared work and mutual trust.

The climatic conditions were extreme—intense heat during the day and marked cold at night. We first excavated two large, bowl-shaped pits. The main basin was dug to a depth of nearly 1.90 meters and then sealed with tadelakt—slaked lime—to make it waterproof. Between the two structures, we created a narrow reservoir designed to collect the water generated by nighttime condensation.

To demonstrate the principle, I initially built a smaller experimental setup: a pit covered with plastic sheeting. By the next morning, water had already accumulated. At first, the men were skeptical, assuming I had poured the water in myself, but after several days the process became evident.

We then stretched a plastic sheet of approximately twelve square meters—prepared in Marrakech with metal eyelets—over the main basin. The second basin was designed as a stone observatory in the form of a stepped arena. All the stone, including slate, came directly from the excavation and was reworked on site.

At one point, I attempted to use three donkeys to ease the excavation work. I welded a kind of metal scoop intended to be attached to one of the animals. The experiment failed. The donkey refused to move and eventually escaped; for several days we could hear the metallic sound echoing across the desert until we found and freed it from the device.

Toward the end of construction, Ramadan began. During this period, my collaborators devoted the daytime hours to prayer, and I continued much of the work alone. An architect from Vienna joined us for about a week. This phase highlighted the ancestral knowledge of the local builders, particularly in dry-stone construction—a skill refined over generations.

After two months, the installation was completed. In the second basin, the gentle sound of water could already be heard.

Back in Vienna, I produced a photographic book accompanied by a French text documenting the project. The book is now part of the collection of the museum in Casablanca of the Fondation Barkowski.

Beyond the physical challenges, the project was also marked by solitude. Neither in the desert nor in Marrakech were there other artists present at the time. This isolation became a space for focus and clarity.

In the midst of the desert, a place emerged where art, architecture, natural process, and collective labor intersect.

deutsch

la Source – Eine Quelle in der Wüste

Auf Einladung der Fondation Barkowski realisierte ich in der Wüste von Marokko ein Projekt, das sich mit Wassergewinnung durch Kondensation beschäftigte. Ziel war es, gemeinsam mit Berbern und Beduinen vor Ort ein Kondenswasserbecken sowie ein steinernes Observatorium zu errichten.

Die Vorbereitungen begannen in Marrakesch, wo ich mit einem begrenzten Budget Werkzeuge, Plastikplanen und Materialien besorgte. Von dort aus reiste ich sieben Stunden nach Rissani und anschließend weitere drei Stunden über Pisten in einen abgelegenen Wüstenort namens Barfussam.

Über zwei Monate arbeitete ich im Rhythmus von jeweils zehn Tagen in der Wüste und einer Woche in Marrakesch zur Erholung. Drei lokale Helfer unterstützten mich kontinuierlich. Einer von ihnen, Youssef, lebte im nahegelegenen Wadi mit seiner Familie und versorgte mich während der Bauphase mit Essen. Unsere sprachliche Verständigung war begrenzt, doch die Zusammenarbeit funktionierte durch praktische Abläufe und gegenseitiges Vertrauen.

Die klimatischen Bedingungen waren extrem: tagsüber große Hitze, nachts empfindliche Kälte. Zunächst hoben wir zwei schalenförmige Gruben aus. Das Hauptbecken gruben wir fast 1,90 Meter tief und kleideten es anschließend mit Tatlakt – gelöschtem Kalk – wasserdicht aus. Zwischen beiden Anlagen legten wir ein schmales Reservoir an, das als Sammelbecken für das nächtlich gewonnene Kondenswasser dient.

Um das Prinzip zu demonstrieren, baute ich zunächst eine kleinere Versuchsanlage: eine Grube, überspannt mit Plastik. Bereits nach einer Nacht hatte sich Wasser gesammelt. Anfangs begegneten die Männer dem Ergebnis mit Skepsis, doch nach einigen Tagen war die Funktionsweise nachvollziehbar.

Eine etwa zwölf Quadratmeter große Plane, die ich aus Marrakesch mitgebracht und mit Ösen versehen hatte, spannten wir schließlich über das Hauptbecken. Das zweite Becken gestalteten wir als steinernes Observatorium in Form einer Arena. Das gesamte Gestein – darunter Schiefer – stammte aus dem Aushub der Baustelle und wurde vor Ort weiterverarbeitet.

Zwischenzeitlich versuchte ich, mit Hilfe von drei Eseln die Arbeit zu erleichtern. Ich schweißte eine Art Metallschaufel, die einem der Tiere umgehängt werden sollte. Der Versuch scheiterte. Der Esel bewegte sich nicht und entwischte schließlich – über Tage hinweg hörten wir das metallische Geräusch in der Ferne, bis wir ihn wieder einfingen und von der Konstruktion befreiten.

Gegen Ende der Bauphase fiel ein Teil der Arbeiten in den Ramadan. Während dieser Zeit arbeiteten meine Helfer tagsüber nicht, sondern widmeten sich dem Gebet. Ich führte viele Arbeiten allein weiter. Für etwa eine Woche unterstützte mich zudem ein Architekt aus Wien. Dabei wurde deutlich, wie selbstverständlich und präzise die lokalen Arbeiter seit Generationen mit Stein arbeiten – ein Wissen, das keiner Anleitung bedarf.

Nach zwei Monaten war die Installation fertiggestellt. In der zweiten Grube war bereits das leise Plätschern des Wassers zu hören.

Zurück in Wien entstand ein Fotobuch mit französischem Text, das das Projekt dokumentiert. Dieses befindet sich heute im Museum in Casablanca der Fondation Barkowski.

Neben den baulichen Herausforderungen prägte mich auch die persönliche Erfahrung der Isolation. Weder in der Wüste noch in Marrakesch war ein anderer Künstler anwesend. Diese Einsamkeit wurde jedoch Teil des Arbeitsprozesses – als Raum für Konzentration und Klarheit.

Das Projekt verbindet künstlerische Praxis, elementare Naturprozesse und kollektive Handarbeit. Inmitten der Wüste entstand ein Ort, der Wasser, Architektur und Gemeinschaft miteinander in Beziehung setzt.

Tomas Naegerl 2001